Pierre
Bonjour à toutes, bonjour à tous. Merci de participer à la réunion de présentation des résultats annuels de VINCI.
Vous verrez ou vous l'avez déjà vu que notre performance est à nouveau remarquable. Je suis aujourd'hui en compagnie, comme d'habitude, de Christian Labeyrie, directeur financier, directeur général adjoint, et des autres membres du comité exécutif qui sont dans la salle, comité exécutif qui a évolué ces derniers mois avec plusieurs nominations.
Je suis également avec les équipes de la direction de la communication que vous connaissez. Nous serons à votre entière disposition pour répondre à vos questions.
Alors tout d'abord, sur cette page de couverture, direction le golfe de Gascogne, on est sur la côte aquitaine, où VINCI Energies, Cobra et VINCI Construction réalisent ensemble la nouvelle interconnexion électrique entre la France et l'Espagne. C'est le projet Inelfe, qui doit être livré d'ici 2028.
C'est en fait le plus grand interconnecteur de courant continu en Europe, avec des câbles électriques essentiellement sous-marins, mais également souterrains sur 400 km et deux centrales de conversion à leurs extrémités. Ce projet, c'est une très belle illustration des besoins en Europe et ailleurs, des investissements exponentiels à venir dans les réseaux électriques.
Quand on parle d'infrastructures électriques, on pense naturellement aux infrastructures de production, comme les renouvelables, le nucléaire. Il faut également considérer des infrastructures tout aussi essentielles que sont les réseaux de transmission et de distribution, qui mobilisent autant d'investissements, sinon plus.
Et tous ces projets d'infrastructures électriques, ils sont évidemment des maillons essentiels de la transition énergétique, de la décarbonation, mais également de la sécurité et de la souveraineté énergétiques. Et puis, ils constituent pour nous un levier puissant, très puissant, peut-être même le plus puissant, du développement de nos métiers chez VINCI.
D'autres images maintenant, commençant par notre actualité dans les concessions. À gauche, vous avez une photographie de l'aéroport de Londres-Gatwick, qui est géré par VINCI Airports.
Une étape majeure a été franchie à l'automne 2025, c'est l'approbation définitive par le gouvernement britannique du projet de transformation de la piste nord pour en permettre une utilisation duale avec la piste principale. Ce projet permettra tout simplement d'augmenter la capacité de l'aéroport de 20 millions de passagers à 80 millions.
Par cette décision, les Britanniques, toujours pragmatiques, actent le rôle essentiel du trafic aérien dans le développement économique du pays et de sa capitale. À droite, nous sommes au Brésil.
C'est une photo de l'autoroute Entrevias, une autoroute de près de 600 km qui traverse l'État de São Paulo, dont nous détenons 55% du capital et que nous consolidons désormais par intégration globale. Et au Brésil, nous avons repris depuis mars 2025 une autre autoroute, l'autoroute BR-040, également d'environ 600 km.
On est là sur l'axe entre Belo Horizonte et Brasília. Et au total, nous gérons donc près de 1 200 km de réseau autoroutier dans ce pays dynamique, et le Brésil devient donc notre premier réseau autoroutier hors de France.
Et pour mettre les grandes masses en perspective, 1 200 km, c'est plus que le réseau Cofiroute en France. Dans le métier des services à l'énergie, à gauche, vous voyez le départ du yard de Cadix, en Espagne, vers la mer du Nord, en Allemagne, d'une plateforme offshore qui s'appelle BorWin5, d'une capacité de 900 MW pour le compte de l'opérateur TenneT.
C'est la deuxième plateforme de ce type que Cobra installe, toujours avec succès. C'est une véritable prouesse technique qui n'est pas donnée à tout le monde.
Vous savez que Cobra, allié avec Siemens Energy, forme un tandem sans beaucoup d'équivalents dans le monde dans ce secteur. Et pour mémoire, Cobra a actuellement en carnet huit autres contrats de ce type, pour une capacité cumulée de près de 14 GW.
Tout cela nous assure de la visibilité sur l'activité jusqu'au début de la prochaine décennie. Et ces projets de plateforme de conversion offshore, ils sont stratégiques pour la transition et la souveraineté énergétique de l'Allemagne, mais plus largement celle de l'Europe.
L'actualité récente vient de nous le rappeler, vous l'avez vu, avec la semaine dernière à Hambourg, la déclaration commune entre dix pays qui veulent faire de la mer du Nord le plus grand pôle mondial d'énergie propre avec un objectif de 300 GW à l'horizon 2050. Je reviens sur l'Allemagne, qui est aujourd'hui le deuxième marché de VINCI à l'international et qui devrait même devenir en 2026 notre premier marché à l'international après la France, sous l'effet des acquisitions récentes de VINCI Energies dans ce pays et puis des perspectives de croissance dans les infrastructures d'outre-Rhin.
Et VINCI Energies, c'est l'image de droite, ne se développe pas qu'en Allemagne. À droite, c'est une photo d'EnergoBit, qui est une société acquise fin 2025 par VINCI Energies en Roumanie.
Et cette acquisition s'inscrit parfaitement dans notre volonté de conforter notre position de leader mondial dans les infrastructures électriques. Pour la construction, vous avez à gauche une photo du City Rail Link à Auckland, en Nouvelle-Zélande.
C'est le premier métro souterrain de la capitale économique du pays. Les travaux ont commencé en 2019, et ce projet en conception-construction sera livré en 2026 par les équipes de VINCI Construction.
Ce projet s'est révélé être un puissant levier d'intégration sociale, notamment avec les communautés locales. Et bien sûr, cette infrastructure ferroviaire est également un levier de développement durable pour la métropole d'Auckland.
Et puisque nous sommes en Nouvelle-Zélande, je profite pour vous rappeler que VINCI Construction a annoncé il y a deux semaines l'avoir signé un accord en vue d'acquérir Fletcher Construction, qui réalise un chiffre d'affaires annuel de plus de 600 millions d'euros, et aux côtés de HEB Construction, la filiale actuelle de VINCI Construction, ça nous permettra de renforcer notre position sur le marché très dynamique des infrastructures dans ce pays et de porter le chiffre d'affaires total du groupe à environ 1,5 milliard, ce qui devrait le positionner dans notre top 10 des pays. Et puis on a pas mal de succès.
Je ne sais pas... Christian était au rugby hier, c'est ça ?
Oui. Voilà.
Alors comme la saison reprend là-bas, c'est alterné, on est amateur de rugby donc on aime bien la Nouvelle-Zélande. Et pour l'instant, que ce soit VINCI Energies ou VINCI Construction, on a réussi à transformer tous nos essais.
Et comme on est candidat avec des équipes de VINCI Concessions et de VINCI Construction dans ce pays sur un PPP d'infrastructures, on espère bien continuer l'aventure. À droite, retour en France.
Nous sommes à Nantes. C'est l'image de la construction du nouveau centre hospitalier universitaire que les équipes de VINCI Construction et VINCI Energies réalisent.
Ce chantier est réputé être la plus grande opération de construction hospitalière en Europe. VINCI Construction y déploie massivement le béton bas, très bas et ultra bas carbone.
Et ce chantier hospitalier, ce n'est que l'un des nombreux chantiers actuellement en cours par le groupe dans le monde hospitalier. Chez VINCI Construction, on en dénombre une dizaine de chantiers hospitaliers en France et à Monaco, au Royaume-Uni une dizaine également, et en Pologne une demi-douzaine.
Et chez VINCI Energies, ce sont également de très nombreux contrats de lots techniques dans les hôpitaux, sans oublier dans le domaine de la santé les contrats pour l'industrie pharmaceutique. Ces deux projets, le métro d'Auckland et l'hôpital de Nantes, ce sont de très belles illustrations d'infrastructures tout simplement vitales, qui sont portées par les grandes tendances de fond, en l'occurrence ici la transition environnementale avec le ferroviaire ou bien la santé, qui génèrent de très nombreuses opportunités pour VINCI Construction partout dans le monde.
Je reviendrai un peu plus en détail à la fin de cette présentation sur l'exposition du groupe à plusieurs de ces mégatendances. Alors, après cette partie sympathique en images, sur le fond des résultats, ce qu'il faut retenir de notre année 2025, c'est comme je vous le disais, une performance remarquable de VINCI, dans la continuité des exercices précédents, et cela en dépit de l'environnement macroéconomique et géopolitique mondial que vous connaissez.
Les faits saillants, ce sont une croissance du chiffre d'affaires, tirée en l'occurrence par les concessions et les services à l'énergie, croissance du chiffre d'affaires qui s'accompagne d'une hausse de l'EBITDA et d'une hausse des résultats opérationnels dans tous nos métiers. Et ça, c'est ce qui compte le plus pour nous, plus que la croissance des volumes, ce qui compte pour nous, c'est la croissance rentable.
Le résultat net, lui, progresse également malgré l'alourdissement très significatif de la fiscalité en France en 2025. Le cash-flow libre atteint quant à lui un niveau plus haut historique à 7 milliards d'euros.
Pour 2026, nous tablons sur une nouvelle hausse du chiffre d'affaires et des résultats du groupe. Et enfin, le conseil d'administration a proposé un dividende au titre de 2025 de 5 euros par action, en hausse de plus de 5% par rapport à l'exercice 2024.
Cette performance remarquable, elle traduit que l'organisation décentralisée et multilocale du groupe a de nouveau démontré sa pertinence cette année. Et puis cette performance remarquable, c'est le reflet de la culture du groupe, une culture unique, j'y reviendrai un petit peu plus tard.
Ici, vous avez les principaux indicateurs chiffrés de notre performance sur lesquels Christian viendra en détail. S'il n'y avait qu'une seule chose à retenir, c'est qu'à fiscalité constante, la dernière ligne, le résultat net part du groupe aurait progressé de plus de 10% à 5,4 milliards, et le cash-flow libre aurait été de plus de 7,4 milliards d'euros.
Par géographie, vous voyez sur cette slide que notre part de chiffre d'affaires à l'international hors de France tutoie désormais les 60%. Cette proportion, elle augmente année après année.
C'est pas que le chiffre d'affaires en France baisse, au contraire, l'activité en France, elle a progressé de plus de 2% en 2025, mais l'international progresse plus fortement. Vous voyez également que cinq pays ont représenté 70% de notre chiffre d'affaires.
Il s'agit de la France, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, qui sera demain notre premier marché international comme je vous l'ai dit, ainsi que de l'Espagne et des États-Unis. Et puis vous savez que notre résultat net est réalisé à plus de 50% hors de France.
Cette stratégie d'internationalisation, nous la déployons maintenant avec constance depuis une quinzaine d'années, et nous allons continuer à le faire. Par grands métiers, commençons par le métier des concessions où le chiffre d'affaires est en hausse de 5%.
La marge d'EBITDA ressort à 67%, en progression de plus de 10 points de base par rapport à 2024. C'est une très bonne performance portée par des hausses de trafic très solides tant dans les aéroports du réseau que sur les autoroutes, tant en France qu'à l'international.
Et puis cette performance, elle est portée par l'intégration réussie des récents développements de VINCI Concessions. Bravo aux équipes.
Les concessions ont représenté 60% de l'EBITDA du groupe en 2025. Un peu plus en détail, pour VINCI Airports, la dynamique est très soutenue.
Le trafic passagers de VINCI Airports a poursuivi sa croissance dans la quasi-totalité des 14 pays du réseau. C'est la conséquence de l'augmentation des capacités des compagnies low cost.
C'est la conséquence du développement de routes long-courriers sur plusieurs plateformes de notre réseau. Et puis d'une manière générale, c'est la conséquence d'une demande des clients qui demeure robuste.
Même si l'effet rebond post-Covid s'amenuise, la demande de mobilité est clairement un besoin vital. Au total, ce sont 334 millions de passagers qui ont été accueillis en 2025 dans les aéroports gérés par VINCI Airports, une hausse de 5% par rapport à l'an dernier.
Et on peut souligner, vous l'avez à droite, des progressions particulièrement remarquables au Japon, c'était l'exposition universelle d'Osaka l'an dernier, mais aussi, comme je vous l'ai dit, dans les aéroports que nous avons récemment acquis, je pense à Budapest, je pense à Édimbourg, je pense au réseau OMA au Mexique, et je pense au Cap-Vert. Tout ceci témoigne de la discipline avec laquelle la croissance externe du groupe est menée.
Ça témoigne du sérieux de nos analyses et ça témoigne de la dynamique que nous impulsons aux plateformes qui rejoignent notre réseau. Et puis ce dynamisme du trafic passagers de VINCI Airports en particulier s'explique par notre capacité, grâce à l'effet réseau, grâce au réseau unique au monde d'aéroports que nous gérons, à proposer de nouvelles lignes aux compagnies aériennes.
L'an dernier, on en dénombre plus de 400, et je peux vous en citer quelques-unes, histoire de voyager un peu : Porto-Montréal, Gatwick-Bangkok, Édimbourg-Boston, Budapest-Nantes, ou encore entre le Mexique, Monterrey vers Paris. Et nous aurons donc une nouvelle fois collectivement démontré avec ce portefeuille d'actifs unique de nombreux succès opérationnels, techniques et commerciaux tout au long de l'année 2025.
Du côté autoroutier en France, chez VINCI Autoroutes, le trafic sur l'année a affiché une hausse de près de 1%. L'EBITDA de VINCI Autoroutes continue à progresser, tout en restant pénalisé, vous le savez, par la charge au titre de la taxe sur les infrastructures de transport qui a été mise en place en 2024 et que nous continuons de contester en justice devant les juridictions compétentes.
Nous avons néanmoins renoué un dialogue constructif et apaisé avec l'État, comme illustre notamment le programme de travaux d'Escota visant à assurer le bon état des ouvrages d'ici la fin du contrat de concession, c'est 2032 pour Escota, et ce programme de travaux a été approuvé par l'État début 2025. Et puis nous venons de signer un nouveau contrat de plan pour Cofiroute, j'y reviendrai un petit peu plus tard.
Hors de France, à l'international, chez VINCI Highways, aux États-Unis, à Denver, nous faisons ce que nous vous avons dit, et même plus vite et mieux que prévu. Nous avons mis en place avec plus d'un an d'avance le système de modulation des péages avec des tarifs différents selon les périodes de la journée, ce qui a évidemment un effet positif sur les recettes.
Et puis au Brésil, je vous en ai parlé, nous avons repris début mars les opérations de l'autoroute Via Cristais, et nous consolidons par intégration globale Entrevias. Alors dans les concessions, vous savez que nous sommes le premier gestionnaire privé d'aéroports dans le monde.
Nous sommes également désormais le premier opérateur privé autoroutier au monde avec 8 200 km de réseau. C'est une grande fierté collective et c'est une très belle responsabilité.
Dans le métier des services à l'énergie, toujours très dynamique, le chiffre d'affaires ressort à, si on arrondit, 30 milliards d'euros. C'est une hausse de plus de 8%, et ce chiffre d'affaires, il est tiré par l'international qui représente plus de 70% de ce métier.
Cette croissance, elle s'accompagne d'une nouvelle progression des marges opérationnelles, vous voyez, de plus de 20 points de base, à 7,6%, ce qui nous positionne à nouveau et sans conteste parmi les acteurs les plus performants de la profession à l'échelle mondiale. Chapeau aux équipes de VINCI Energies et de Cobra.
Les services à l'énergie représentent près du quart de notre résultat opérationnel sur activité cette année. Elle confirme donc l'excellent positionnement des services à l'énergie sur les marchés très dynamiques, notamment portés par la transition énergétique, la transformation numérique et tous les enjeux de défense et de souveraineté qui sont croissants.
Un petit peu plus en détail, vous pouvez voir en haut à droite que les quatre domaines d'activité de VINCI Energies, qui représentent une palette inégalée d'expertises, affichent toutes des progressions de chiffre d'affaires. Vous pouvez voir que VINCI Energies continue, année après année, sa moisson en termes de croissance externe avec une trentaine d'acquisitions par an, c'est plus d'une acquisition toutes les deux semaines.
Et vous voyez également qu'à l'international, le chiffre d'affaires de VINCI Energies affiche une hausse de près de 8%. La progression est particulièrement notable en Allemagne, aux Pays-Bas, également en Belgique, et même en France, la croissance de VINCI Energies ressort à 3,4%, ce qui est très largement supérieur à la croissance du pays.
Pour Cobra, les activités de fonds de commerce restent bien orientées, en particulier dans les principaux pays de Cobra que sont l'Espagne, le Portugal et le Brésil. Au global, ce segment progresse de près de 5%.
Et dans les grands projets en EPC, c'est le segment d'excellence de Cobra, la forte hausse de l'activité, plus de 24%, s'explique notamment par le projet qu'on a vu en photo, la construction en Allemagne des plateformes offshore de conversion d'énergie électrique en mer du Nord. Toujours en Allemagne, la réalisation d'un terminal de regazéification de GNL, au Brésil des lignes de transmission électrique haute tension, et bien sûr, je vous en avais parlé en juillet dernier, le démarrage de l'important PPP de lignes électriques en Australie, autant de projets stratégiques pour la souveraineté énergétique de ces différentes régions du monde.
Dans la construction, le chiffre d'affaires a également progressé. Vous le savez, notre maître mot dans ce métier, c'est la sélectivité, et la contraction du chiffre d'affaires que l'on observe à structure comparable, c'est la preuve que la politique de sélectivité est bel et bien mise en œuvre.
Et nos équipes ont néanmoins réussi à améliorer leur profitabilité de près de 30 points de base par rapport à l'année dernière. Là aussi, très bon travail des équipes de VINCI Construction et de VINCI Immobilier.
Pour VINCI Construction, le chiffre d'affaires progresse de 1,1% à 32 milliards d'euros, malgré un effet de change assez fortement négatif de l'ordre de 1,5%. Les situations de marché sont assez contrastées selon les régions et les secteurs d'activité.
L'activité grands projets a baissé, conséquence du phasage de l'avancement de certains grands chantiers. Les activités de fonds de commerce se sont globalement maintenues à un bon niveau, tant à l'international mais également en France où l'activité a progressé, portée par les travaux routiers, les travaux ferroviaires, les travaux hydrauliques, et puis dans le bâtiment par les opérations de réhabilitation.
Et nos activités de spécialité, de Soletanche Freyssinet, se sont également maintenues à bon niveau, notamment dans le nucléaire. J'en profite pour vous le rappeler, c'est le camembert en haut à droite, que la très grande majorité du chiffre d'affaires de VINCI Construction est générée par des projets de petite taille, des projets locaux réalisés avec des clients récurrents.
C'est ce qu'on appelle nos activités de fonds de commerce. Et la part des grands projets dans notre activité est quant à elle volontairement limitée à environ 10% cette année.
C'est une situation qui n'est pas courante parmi nos principaux concurrents. Dans le secteur de la promotion immobilière, en France, vous le savez, le marché est toujours très difficile, et les équipes de VINCI Immobilier, elles illustrent notre capacité à tenir le cap face à des vents contraires, comme en témoigne le retour des résultats en territoire positif.
Un mot sur les prises de commandes, qui affichent en 2025 un montant élevé de 63 milliards. Ce que je retiens, c'est que les prises de commandes dans nos activités de fonds de commerce, qui constituent, je vous le rappelle, la très grande majorité du chiffre d'affaires du groupe dans les services à l'énergie et la construction, restent bien orientées, elles progressent de 3%.
Et puis ce que je retiens également, c'est que le montant des prises de commandes reste globalement supérieur à l'activité, en particulier dans les services à l'énergie, ce qui veut dire que notre carnet continue d'augmenter. Je laisse maintenant la parole à Christian, qui va vous présenter en détail les chiffres du groupe cette année.
Christian Labeyrie
Merci Pierre. Donc pour commencer, quelques compléments sur le chiffre d'affaires que Pierre a largement commenté déjà.
Donc la France représente un peu plus de 41% du total, en progression de 2% sur 2024, ce qui est à peu près en ligne avec la croissance économique du pays et l'inflation. Hors de France, en Europe, nous faisons un peu plus de 38% de notre activité, avec une progression de 9%.
Les principaux pays sont le Royaume-Uni, 10% du total, ce qui fait quand même 7,4 milliards d'euros, en progression de 10%, l'Allemagne, un peu moins de 9% du total, en progression de 17%, et l'Espagne, un peu plus de 5% du total, avec une stabilité. Dans les Amériques, nous réalisons 13% de notre activité, ce qui fait presque 10 milliards d'euros, avec les États-Unis d'abord, 3,5 milliards, en progression de 5%, l'Amérique latine, un peu plus de 4 milliards, en progression de 6%, et particulièrement le Brésil où nous réalisons 1,8 milliard de chiffre d'affaires, en progression de 18%.
Comme Pierre l'a souligné, nous sommes également présents en Australie, Nouvelle-Zélande, où nous réalisons un peu plus de 2 milliards de chiffre d'affaires, mais là avec une baisse parce qu'il y a eu un effet change défavorable. Et puis l'Afrique, où nous sommes présents depuis très longtemps, nous réalisons 1,8 milliard de chiffre d'affaires, qui reprend une croissance après plusieurs années de baisse.
La slide suivante, c'est le résultat opérationnel, donc qui est en progrès de 6%, un peu plus de 6%, alors que le chiffre d'affaires progresse que de 4%, ce qui veut dire qu'on a amélioré nos marges globales, et c'est à peu près le cas dans tous les pôles d'activité, à l'exception des autoroutes où nous avons un impact négatif de l'amortissement des investissements que nous avons réalisés, en particulier l'élargissement de l'autoroute A57 à Toulon. VINCI Energies augmente sa marge de 20 points de base, à 7,4%.
Cobra améliore sa marge de 20 points de base, à 8%. Et dans ces pôles, on a un tir groupé des différentes entités qui constituent l'activité, donc c'est assez homogène en termes de génération de résultats.
C'est le cas également dans la construction où nous sommes à plus 10 points de base de marge d'amélioration, 4,2% du chiffre d'affaires, là également avec un bon tir groupé, y compris d'ailleurs une zone qui était un peu à la peine ces derniers temps, qui était l'Angleterre, et qui retrouve des niveaux de marge tout à fait en ligne avec le reste du pôle. Les autres éléments des résultats, qui est la slide suivante, montrent une amélioration de la contribution des filiales consolidées par mise en équivalence, en particulier des aéroports du Japon, du Kansai, près d'Osaka, qui ont retrouvé un niveau de trafic très très soutenu avec les échanges avec le reste de l'Asie du Sud-Est, et également des impacts sur des cessions de participations, notamment chez Cobra.
Ce qu'on peut dire, c'est que la répartition du résultat opérationnel courant est assez équilibrée avec d'une part VINCI Autoroutes, qui contribue pour environ un peu plus d'un tiers du total, VINCI Airports et les autres concessions, notamment VINCI Highways, qui contribuent pour plus de 30% du total, et puis services à l'énergie et construction pour un peu plus d'un tiers. Donc une bonne répartition également des contributions entre les différents métiers.
Au niveau des éléments non récurrents, pas grand-chose à signaler cette année, si ce n'est des impacts positifs de cessions d'actifs que nous avons réalisés dans les différents pôles. Le résultat financier, ce qui sur la slide apparaît comme cost of net financial debt, progresse, c'est-à-dire que les frais financiers augmentent, mais c'était attendu puisque nous avons beaucoup acquis en 2024 en matière d'acquisitions de sociétés nouvelles, notamment dans les concessions.
Et finalement, la hausse des frais financiers est limitée à une cinquantaine de millions d'euros parce que nous avons pu bénéficier de la baisse des taux d'intérêt en 2025 grâce à notre politique de variabilisation d'une large partie de la dette du groupe. Alors certes, nous avons des placements qui rapportent moins, mais la balance des deux est positive et permet de limiter la hausse des frais financiers alors que l'endettement avait augmenté en cours d'année.
Alors le fait marquant évidemment de l'année, c'est les impôts, income tax. Vous voyez que la progression est très significative, 559 millions d'augmentation des impôts, et c'est largement sur la France puisque l'impact de la surtaxe sur les bénéfices mise en place en 2025 représente pour nous près de 450 millions d'euros de charges supplémentaires.
Du coup, le taux effectif d'impôt est proche de 35%, alors qu'il était de 29% en 2024. Et malgré cela, vous le voyez, le résultat net part du groupe dépasse les 4,9 milliards et est donc légèrement supérieur au résultat 2024 qui, lui, n'était pas impacté par la surtaxe puisque comme je vous l'ai dit, elle a été mise en place à partir de 2025.
Le résultat par action progresse un petit peu plus parce que nous avons continué en 2025 de racheter nos actions, ce qui a donc permis d'améliorer le résultat net par action puisque le nombre d'actions a été réduit. Et aujourd'hui, par rapport au cours de bourse qui est de l'ordre de 120 euros, le PER ressort à environ 13 fois.
La slide suivante, qui est celle-ci, montre l'évolution de l'endettement sur l'année 2025. Vous voyez que c'est une baisse puisque l'endettement net, qui était de 20,4 milliards fin décembre 2024, est passé à un peu plus de 19 milliards fin décembre 2025.
Alors comment nous sommes-nous parvenus à ce résultat-là ? D'abord un EBITDA, c'est un résultat brut d'exploitation qui a progressé là aussi plus que le chiffre d'affaires, de 6,4%, et qui atteint 13,5 milliards.
C'est quand même une hausse de 800 millions, il fallait quand même le faire, et qui concerne les différents métiers du groupe. Autre élément positif, c'est la variation du working capital, c'est-à-dire du besoin en fonds de roulement, et des provisions courantes, qui représente un solde positif de 2,5 milliards, supérieur à celui de l'an dernier qui était déjà très élevé, de 2,3 milliards.
Ça veut dire que le groupe maîtrise parfaitement son besoin en fonds de roulement et qu'il provisionne de manière prudente les risques auxquels il est confronté. Et tout ça se traduit par du cash supplémentaire.
Ensuite, ce qu'il faut signaler, c'est que la hausse des frais financiers et des impôts, on peut la constater, 4,1 milliards contre 3,3 milliards en 2024. Des capex, c'est-à-dire des investissements en immobilisations corporelles et incorporelles qui sont stables au global, 4,9 milliards, mais avec des différences selon les pôles.
En particulier, on a une montée en puissance des investissements dans le métier des services à l'énergie et des infrastructures électriques, fermes photovoltaïques et lignes de transport d'électricité. Les investissements financiers sont cette année moindres que ce qu'ils avaient été en 2024, vous voyez 7 milliards en 2024, 1,8 milliard en 2025.
Ça concerne d'abord le pôle construction, environ 700 millions d'acquisitions de nouvelles sociétés, dont la société FM Conway, qui est une société de génie civil et de travaux routiers dans la région du Grand Londres. VINCI Energies, environ 400 millions d'acquisitions, ce qui représente une trentaine de sociétés, plus de 30 sociétés, dont trois sociétés en Allemagne.
Ensuite, chez Cobra, nous avons, comme vous le savez, conclu un accord avec ACS, qui nous avait vendu Cobra il y a quelques années, pour forfaitiser un earn-out, c'est-à-dire un intéressement aux résultats futurs, qui a représenté 300 millions sur l'exercice. Et enfin, nous avons intégré au Brésil une société qui s'appelle Entrevias, qui gère deux autoroutes dans l'État de São Paulo pour 570 km.
Voilà. Toutes ces acquisitions représenteront en année pleine plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires supplémentaire.
Et nous avons également procédé à des cessions d'actifs, notamment chez Cobra, qui a cédé d'une part une participation dans une ligne de transport d'électricité au Brésil, qui a cédé ses intérêts dans un champ offshore en Grande-Bretagne, et puis également des cessions chez VINCI Highways et chez VINCI Autoroutes. En ce qui concerne le retour de cash aux actionnaires, comme on dit, il a été important comme il l'avait d'ailleurs été l'année précédente, 3,8 milliards au total, ce qui comprend un dividende pour VINCI SA de 2,7 milliards et le solde représentant des dividendes distribués aux actionnaires partenaires de VINCI dans l'aéroport de Gatwick, d'Édimbourg et des aéroports mexicains.
Et comme je l'ai dit, nous avons effectué également des rachats d'actions au cours de l'année 2025. Tout ça se traduit donc par une dette qui à la fin de l'année 2025 est en diminution à un peu plus de 19 milliards.
La slide suivante montre l'évolution du cash-flow du groupe en cours d'année. C'est intéressant de le regarder parce qu'on s'aperçoit qu'une large part du cash-flow est réalisée sur la deuxième partie de l'année et particulièrement en fin d'année.
Donc nos métiers sont caractérisés par une saisonnalité très marquée puisque dans les métiers de travaux, c'est une évidence, l'activité est plus réduite pendant l'hiver, et dans les concessions, notamment sur les autoroutes, elle est particulièrement soutenue pendant l'été, alors que les charges fixes du groupe ne fluctuent pas ou peu en cours d'année. D'où l'explication sur le fait que le cash-flow est généré au second semestre avec même une accélération sur le dernier trimestre.
Une difficulté pour prévoir nos cash-flows à l'avance, c'est que nous sommes constitués, comme l'a dit Pierre, d'un grand nombre de business units, plus de 4 000 plus de 4 000 business units, et que nos managers font preuve généralement de prudence lorsqu'ils communiquent leurs prévisions, ce qui est tout à fait respectable, mais conduit à constater des écarts sur la fin de l'année qui peuvent être importants puisque les prudences s'ajoutent aux prudences. Il vaut mieux être prudent que pas prudent, c'est la culture du groupe et on ne s'en plaint pas.
Si on regarde sur dix ans l'évolution du cash-flow, on voit que au total le groupe VINCI a dégagé près de 50 milliards d'euros de cash-flow sur dix ans. C'est à peu de chose près sa capitalisation boursière, dont plus de 30 milliards sur les cinq dernières années.
Donc c'est l'illustration de l'efficacité du modèle économique du groupe et de la pertinence de son organisation très décentralisée. Il faut bien être conscient qu'aujourd'hui les grands projets, puisque c'est ça un petit peu ce que quand on parle de notre groupe, on met ça en avant, en réalité c'est environ 10% à peine de l'activité globale.
Donc le groupe VINCI est constitué d'une multitude d'entités qui réalisent des activités récurrentes, ce qu'on appelle le flow business. Donc cette situation nous a permis de traverser les différentes crises qui n'ont pas manqué de se produire pendant toute cette période et de délivrer année après année non seulement des résultats solides, qui se sont améliorés au fil des années, mais de générer des cash-flows importants.
Pour terminer cette présentation financière, quelques mots sur notre politique, mais ça change pas d'une présentation à l'autre. D'abord un haut niveau de liquidité car nous avons toujours considéré qu'il était essentiel de disposer à tout moment, c'est le prix de l'indépendance, d'un important volant de liquidités, qui est à la fois de la trésorerie dans le bilan pour un peu plus de 15 milliards en fin d'année.
Là aussi, il y a une saisonnalité en cours d'année, donc le point haut est atteint en fin d'année, mais enfin plus de 15 milliards, donc c'est plus que l'année précédente, presque 2 milliards de plus. Et nous avons par ailleurs une ligne de crédit avec nos banques partenaires de 6,5 milliards dont l'échéance a été portée à janvier 2031, donc on a de quoi voir venir.
Et donc, indépendamment des soubresauts de la conjoncture et des conditions de marché, qui sont quand même particulièrement volatiles actuellement, sans parler de la géopolitique, le groupe peut mobiliser à tout moment les ressources nécessaires pour continuer d'investir dans ses métiers et de saisir les opportunités de développement lorsqu'elles se présentent, qui s'inscrivent dans notre plan stratégique tout en servant nos actionnaires. Pour autant, nous avons une dette à gérer qui est importante, de 34,5 milliards d'euros, qui fait l'objet d'une gestion active car elle doit être refinancée régulièrement et par ailleurs il faut en optimiser les coûts malgré les fluctuations importantes des taux d'intérêt.
Donc environ les deux tiers de cette dette, c'est-à-dire une vingtaine de milliards, est logée sur les infrastructures gérées par le groupe dans le cadre de contrats long terme, dont 10 milliards sur ASF et Cofiroute et autant sur nos aéroports. Ce faisant, le service de la dette est assuré par les cash-flows générés par ces projets, ce qui permet de calibrer au mieux le niveau de mise de fonds en capital et d'optimiser le retour sur investissement.
Cette dette qui est logée sur les projets est majoritairement à taux fixe, alors que la dette corporate est majoritairement à taux variable. Au global, sur les 30 et quelques milliards, 54% de la dette est à taux variable, 46% est à taux fixe.
Et donc cette politique nous a permis de réduire le coût moyen de la dette d'environ 60 points de base en 2025, de presque 5% à 4,3%. Et enfin, nous avons toujours attaché beaucoup d'importance à la préservation de nos notes de crédit, ce qu'on appelle la notation, qui nous est attribuée par les grandes agences, Standard & Poor's et Moody's.
Ces notations font l'objet de revues périodiques, mais sont confirmées année après année. Et grâce à tout cela, nous avons pu émettre en 2025 5,7 milliards de nouveaux emprunts alors que nous en avons remboursé 4,2 milliards.
Donc c'est le signe que la signature de VINCI est appréciée par les investisseurs obligataires, comme l'a encore montré le succès récent d'une émission d'ASF de 500 millions à 8 ans que nous avons effectuée au cours du mois de janvier. Merci pour votre attention.
Pierre
Merci Christian. Nos perspectives, elles sont le reflet de notre stratégie de création de valeur dans nos activités à la fois de temps long et nos activités de temps court.
Dans nos activités de temps long, dans les concessions d'infrastructures de mobilité, VINCI a conclu cette année avec les autorités compétentes des accords importants qui renforcent la visibilité de nos contrats et qui nous offrent des perspectives de croissance prometteuses. Dans les aéroports, je voudrais insister sur le potentiel de développement des plateformes que nous exploitons, en complément de notre potentiel de développement par croissance externe.
Et dans ce monde complexe, une des grandes forces de VINCI, c'est d'être capable d'établir des relations de confiance partout dans le monde. Et grâce à cette approche de dialogue constructif, plusieurs accords importants ont été signés ces derniers mois.
Vous en avez quelques exemples sur la carte. À Londres-Gatwick, je vous en ai déjà parlé, nous avons obtenu l'approbation de la Northern Runway.
À Lisbonne, nos équipes ont engagé début 2025, en janvier, à la demande des autorités portugaises, les études préalables à la réalisation d'un nouvel aéroport à Alcochete, près de Lisbonne. Depuis, une nouvelle étape a été franchie suite à la consultation des parties prenantes, avec la réception d'une réponse favorable du concédant concernant le lancement de la phase suivante de design préliminaire.
Au Mexique, notre filiale OMA a signé fin décembre un nouveau contrat de régulation économique pour cinq ans, qui définit les investissements à réaliser sur la période et l'augmentation des tarifs associés. Au Cap-Vert, de nouveaux investissements ont été décidés début 2026, et ils visent à augmenter la capacité des aéroports afin d'accompagner la croissance du trafic aérien et surtout de soutenir le dynamisme économique et touristique du pays.
Et puis on peut mentionner également le début des travaux lancés par VINCI Airports en étroite collaboration avec VINCI Construction et VINCI Energies sur le nouveau terminal de l'aéroport de Saint-Domingue, en République dominicaine. En France, au terme d'un dialogue constructif et apaisé avec l'État, VINCI Autoroutes vient de conclure un nouvel avenant au contrat de concession de Cofiroute.
Cet avenant, financé par des hausses tarifaires modérées, permet l'application de la décision de justice sur la compensation de la hausse de la taxe d'aménagement du territoire, et surtout, il comprend une enveloppe d'investissements d'un montant d'environ 350 millions d'euros à réaliser sur le réseau interurbain de Cofiroute, qui englobe principalement des projets de mobilité partagée, d'aménagement du territoire et puis d'accueil des véhicules électriques. En matière d'électromobilité, vous le savez, 100% des aires de service depuis deux ans maintenant sont équipées chez nous de bornes de recharge, ainsi qu'une quarantaine d'aires de repos, ce qui en fait le réseau autoroutier le mieux équipé au monde.
Cela représente plus de 2 400 points de recharge au total, soit plus de 50, 54 également, tous les 100 km. Et grâce à ce contrat de plan, le nombre de points de recharge sur le réseau pourrait encore doubler.
Vous le voyez, nos infrastructures sont vitales, elles sont également vivantes, elles s'adaptent, elles se renouvellent, elles évoluent, et ces évolutions sont autant d'opportunités de création de valeur pour VINCI sur les plateformes aéroportuaires et autoroutières que nous gérons. En matière d'infrastructures d'énergie de long terme, en 2025, le groupe a décidé de regrouper les actifs de production d'électricité, essentiellement d'origine photovoltaïque, qui sont développés par Cobra dans une filiale dédiée, Zero-E.
Ça nous permet de faire mieux ressortir les performances de cette activité, d'en optimiser les modalités de financement, et puis éventuellement d'effectuer le cas échéant des rotations d'actifs. À ce jour, avec Zero-E, nous disposons d'une capacité totale de production d'énergie renouvelable de plus de 5 GW, dont 1,2 GW en opération et 4 GW en construction ou en ready-to-build.
Cette politique d'investissement sélective, elle est ciblée sur un nombre limité de géographies, en l'occurrence l'Espagne, le Brésil, les États-Unis et également l'Australie, et nous prévoyons de renforcer la valeur de ces actifs en y associant des projets de batteries. Sur la base du portefeuille actuel, nous tablons pour cette activité à horizon 2030 sur un EBITDA de plus de 400 millions d'euros.
Par ailleurs, Cobra, comme VINCI Energies d'ailleurs, bénéficie d'un savoir-faire de longue date pour mener à bien d'importants projets en matière de construction et de maintenance de lignes de transport d'électricité haute tension. En particulier, Cobra est actuellement en charge de quatre partenariats public-privé pour plus de 2 000 km de lignes au Brésil et en Australie.
Il s'agit là de l'amorce d'un portefeuille d'actifs dans le domaine des infrastructures de transport d'électricité où les opportunités sont nombreuses au Brésil, se développent en Australie et sont tablés très vraisemblables à se développer ailleurs, aux États-Unis notamment. Dans les métiers de temps court, tous nos métiers sont nourris par les grandes tendances de fond que l'on observe partout dans le monde.
Et sur ce slide, nous vous présentons une sélection seulement de six grandes tendances que nous considérons très dynamiques à court terme comme à plus long terme. Dans les seules infrastructures électriques, le groupe réalise plus de 10 milliards de chiffre d'affaires, avec un carnet de près de 20 milliards.
Nous sommes clairement l'un des leaders mondiaux dans ce domaine, si ce n'est le leader, c'est-à-dire le premier électricien mondial. Dans les travaux ferroviaires, notre chiffre d'affaires est de 6 milliards et notre carnet de plus de 10.
Dans la défense et la souveraineté, c'est 2 milliards de chiffre d'affaires et 3 milliards de carnet. Dans les infrastructures liées à l'eau, environ 3 milliards de chiffre d'affaires avec un carnet équivalent.
Dans les infrastructures numériques, nous estimons notre chiffre d'affaires à 7 milliards et notre carnet à 6 milliards. Et enfin, dans le domaine de la santé, nous réalisons 2 milliards de chiffre d'affaires avec un carnet équivalent.
Toutes ces infrastructures vitales, vous le constatez, se traduisent déjà dans nos chiffres. Elles représentent à elles seules la moitié du chiffre d'affaires et les deux tiers du carnet de commandes de nos métiers des services à l'énergie et de la construction.
Et cette proportion devrait naturellement continuer à croître. Alors au global, en termes de carnet, notre carnet de commandes continue de progresser et atteint un niveau très élevé de près de 70 milliards d'euros.
Ça représente plus de 14 mois d'activité. C'est la douceur de la visibilité.
Ça nous permet d'aborder l'avenir avec sérénité, sans dévier de notre politique de sélectivité privilégiant la marge au volume. On notera dans le camembert à droite que la part de la France dans le carnet est de 29%, celle de l'Allemagne de 20%, et le reste du monde est de 51%.
Sur cette slide, vous voyez notre guidance 2026 précisée par métier. Pour VINCI Airports, le trafic des aéroports du réseau devrait au global continuer à croître en phase avec la croissance économique mondiale, avec des situations différentes selon les zones géographiques.
Pour VINCI Autoroutes, la progression du trafic devrait évoluer en ligne avec l'activité économique du pays, mais aussi de ses voisins, dont l'Espagne et l'Italie. Les services à l'énergie devraient connaître à nouveau une croissance de chiffre d'affaires dans une fourchette, comme on dit, mid-to-high single digit, avec une nouvelle amélioration attendue du taux de marge, qui se situe déjà au plus haut niveau du secteur.
La capacité de production d'électricité renouvelable de Zero-E, c'est-à-dire en opération, en construction et en ready-to-build, pourrait être portée de 5 GW actuellement à environ 6 GW en fin d'exercice 2026. Dans la construction, le chiffre d'affaires hors effet de change devrait être du même ordre que celui de 2025, avec un taux de marge au moins équivalent.
Donc sur la base de ces évolutions attendues et à fiscalité inchangée, c'est-à-dire avec un taux d'IS en France du même ordre en 2026 que celui affiché en 2025, ce qui a l'air d'être le cas, VINCI afficherait en 2026 une nouvelle progression de son chiffre d'affaires, une nouvelle progression de ses résultats opérationnels, une nouvelle progression de son résultat net part du groupe, et en première approche, VINCI afficherait un cash-flow libre qui pourrait atteindre 6 milliards d'euros. Sur la base de la remarquable performance 2025, en particulier du cash-flow libre généré, et également signe de sa confiance dans les perspectives du groupe, le conseil d'administration proposera à la prochaine assemblée générale un dividende de 5 euros, dont 1,05 euro a déjà été payé au titre de l'acompte.
Ce dividende représenterait une augmentation de plus de 5% par rapport à celui de 2024 et correspondrait à un payout de 58%. En matière d'allocation du capital, la stratégie du groupe est constante.
Pour l'actionnaire, la rémunération s'articule autour d'une part du dividende avec un taux de distribution objectif de 60% du résultat net du groupe à terme, et d'autre part des rachats d'actions. En matière de développement, il s'agit pour nous très logiquement de continuer à investir dans des concessions de long terme d'infrastructures de transport, que ce soit des aéroports ou des autoroutes, que ce soit par croissance externe ou par des investissements sur nos actifs existants, ainsi que dans des actifs de long terme de production d'énergie renouvelable, de stockage et de transport d'électricité.
Dans nos métiers de temps court, la stratégie du groupe est évidemment de continuer à pousser les feux dans les services à l'énergie où le groupe a démontré depuis 20 ans son savoir-faire pour acquérir et pour intégrer de nouvelles entreprises, et enfin le groupe reste ouvert à des acquisitions opportunistes dans la construction. Sur ce slide, nous avons synthétisé notre politique d'allocation du capital sur les trois dernières années.
Le cash-flow opérationnel représente près de 32 milliards d'euros. Il peut être découpé en trois blocs de taille similaire : plus d'un plus de 11 milliards d'euros de capex, dont 2,7 milliards au titre du développement du portefeuille de renouvelables et des actifs de transport d'électricité en PPP, près de 10 milliards d'euros d'acquisitions qui nous permettent de préparer sereinement notre avenir, vous voyez associés à ce bloc nos principales opérations depuis 3 ans, et environ 12 milliards d'euros en dividendes et rachats d'actions.
Vous avez sur ce slide un récapitulatif des principales acquisitions de ces derniers mois. Nous venons, Christian et moi, de vous présenter les performances financières de VINCI sur l'année.
Elles sont remarquables. Cette capacité à créer de la valeur dans la durée chez VINCI, elle repose sur une culture, sur une très forte culture de VINCI, une culture partagée, unique, une culture qui rend VINCI unique.
Cette culture, c'est le sens du temps long, c'est la recherche de la performance globale. Pour nous, performance financière et performance extra-financière sont indissociables.
Plus que cela, elles se nourrissent l'une l'autre, et c'est ce que nous appelons la performance globale. La culture de VINCI, c'est une organisation décentralisée, agile, réactive, multilocale, et donc particulièrement pertinente dans le monde actuel.
La culture de VINCI, c'est la fiabilité de son management, avec des principes communs à ses plus de 4 000 business units. C'est clairement une qualité d'exécution inégalée, un focus sur la génération de cash et enfin une très grande discipline dans l'allocation du capital.
Cette culture VINCI, elle nous caractérise dans tous nos métiers, dans toutes nos géographies, sur tous nos actifs. Et c'est cette synergie culturelle, ce sont ces valeurs partagées qui font de VINCI une valeur rare, une valeur précieuse.
C'est pour nous la seule façon de continuer à créer de la valeur dans la durée, comme nous l'avons une nouvelle fois démontré en 2025, et comme nous continuerons à le faire à l'avenir. Je vous remercie pour votre attention et nous sommes désormais à votre disposition pour répondre à vos questions.
Stéphanie arrive pour animer cette séquence.
Stéphanie
Alors, on va vous demander s'il vous plaît de poser vos questions rapidement parce que on a un autre rendez-vous à 10 h, donc ne soyez pas frustrés, sautez sur l'occasion, c'est le moment de poser vos questions. Qui commence ?
On a déjà tout dit, vous avez été complets, il n'y a plus de questions. Si.
Adrien Pouthier
Bonjour, Adrien Pouthier du Moniteur des travaux publics et du bâtiment. J'aurais voulu que vous reveniez sur la part que représentent les opérations de petite et de moyenne taille en termes de prises de commandes et de chiffre d'affaires du pôle construction, s'il vous plaît.
Vous aviez expliqué que c'était particulier au groupe et différent de vos concurrents, j'aurais voulu que vous éclairiez un petit peu ça.
Pierre
Oui, c'est-à-dire que on a ce qu'on appelle les grands projets qui représentent un petit peu plus de 10% de l'activité l'an dernier, c'était sur la slide, et que le reste de nos activités, c'est ce qu'on appelle les activités de fonds de commerce, qui sont en fait des petits chantiers, qui sont des projets récurrents avec des clients en général locaux, qui sont réalisés par des business units qui sont spécialisées sur un domaine, que ce soit le bâtiment, la route, l'hydraulique, le génie civil, et qui sont des contrats très récurrents. Alors notre activité de grands projets, quand on prend un peu plus de 10% de 32 milliards, ça fait quand même entre 3 milliards et 3,5 milliards, donc VINCI Construction grands projets, pour ne pas le citer, c'est un concurrent de taille tout à fait respectable dans le monde des grands projets d'infrastructures.
Mais ce qui nous caractérise, c'est le fait que au-delà de la taille en valeur absolue de VINCI Construction grands projets, le reste de VINCI Construction est beaucoup plus représenté dans des activités de fonds de commerce. La taille moyenne d'un projet chez VINCI Construction, sous le couvert de Patrick, c'est moins de 500 000 euros.
Voilà. Et donc il y a un effet d'optique parce que vous-mêmes, on est beaucoup plus sensible à des grands projets.
Si on pense aux grands projets sur la région parisienne, on pense au Grand Paris Express et on est très fiers d'être l'un des principaux protagonistes sur ce projet. Néanmoins, hors région parisienne, pour rester sur ce territoire-là, mais ce serait vrai dans tous les territoires, on réalise beaucoup plus de projets du quotidien de tous les jours qui font, comme l'a expliqué Christian, la récurrence de l'activité de VINCI.
Et c'est important parce que c'est pas la caractéristique moyenne des joueurs dans le monde de la construction. Nos gros concurrents ont une part d'activité grands projets beaucoup plus forte que la nôtre.
Et je pense que c'est une raison de nos succès.
Christian Labeyrie
Si on prend les carnets, c'est un peu moins vrai puisque les grands projets par définition s'étalent sur des durées beaucoup plus longues. Si on prend le carnet de la construction par exemple, qui fait environ 34-35 milliards d'euros, les grands projets représentent 5 milliards.
Donc c'est plus que 10%, mais c'est normal puisque le flow business, lui, il est rentré au fil de l'eau. C'est vrai aussi en énergie avec les grands contrats de Cobra.
Pierre
On a exactement le même phénomène. Ouais, ce que j'allais dire sur les services à l'énergie, si vous prenez le chiffre d'affaires global de VINCI Energies et de Cobra, c'est-à-dire 30 milliards, la part de grands projets qui est très essentiellement logée chez Cobra représente à peu près 10% du tout.
Et ça, c'est très VINCI, on est très local.
Stéphanie
On enchaîne avec une question de César Armand pour La Tribune.
César Armand
Merci Stéphanie. Bonjour messieurs.
La loi-cadre relative au développement des transports arrive la semaine prochaine en Conseil des ministres. Il est question évidemment des concessions autoroutières, de partenariats public-privé, l'association de la puissance publique locale au capital de futures concessions.
Est-ce que vous avez des lignes rouges sur ces sujets, des lignes vertes ? Quelles sont vos attentes ?
Et évidemment, sur la loi de programmation qui arrivera dans un deuxième temps, qu'est-ce que vous poussez aujourd'hui aussi ? Merci.
Pierre
Je vais laisser Nicolas répondre à cette question, c'est le spécialiste.
Nicolas
Bonjour à toutes et à tous. Alors comme le disait Pierre tout à l'heure, la première chose qui était importante en France, on a un pays parfois un peu turbulent, on n'est pas le seul, c'était de de de que tout le monde reconnaisse les mérites de la concession d'infrastructures et du péage.
Et la démarche partenariale qu'on a renouvelée avec l'État à ce titre démontre tous les mérites de de de ce de ce mécanisme, puisqu'il permet à la fois la modération tarifaire, vous savez qu'à à longue distance enfin sur longue durée, les tarifs de péage en ce moment en France augmentent très nettement moins que l'inflation, et que après les périodes d'inflation forte, aujourd'hui on est en dessous de de 1% de croissance tarifaire. Deuxièmement, ça permet de l'investissement.
Et comme on le dit chez VINCI, pas seulement de l'investissement capacitaire, mais de l'investissement environnemental : bornes de recharge électrique, pôles d'échanges multimodaux, voies réservées et expérimentations de de toutes sortes. Donc l'avenir déjà des futures concessions, c'est de reconnaître, et je crois que le gouvernement l'a fait dans la démarche, l'intérêt du péage pour l'avenir, l'intérêt du mécanisme concessif qui permet par le péage de financer les investissements d'adaptation, les investissements de décarbonation des mobilités, et qu'une partie, c'est je crois l'un des enjeux de la loi-cadre, puisse être utilisée sur d'autres modes de transport.
Nous, on n'utilise pas le mot ligne rouge, il y a une ligne qui n'est pas rouge, qui est peut-être bleue, qui est européenne, qui s'appelle Eurovignette, c'est-à-dire que la France n'a pas le droit, et c'est pas VINCI qui le dit, c'est le droit communautaire, de de faire que le péage aille au-delà d'une certaine contribution à d'autres modes. Voilà.
Donc c'est pas VINCI qui déterminera ou qui que ce soit la la limite de l'exercice, c'est les textes communautaires qui font que on peut pas faire en deux mots qu'un poids lourd qui traverse la France pour aller d'Espagne en Allemagne finance n'importe quoi quand il utilise le réseau autoroutier. Voilà.
Donc nous, évidemment, on aura une politique sélective et disciplinée de de participation éventuelle en fonction de la nature des futurs contrats, mais ça c'est dans quelques années. Voilà.
Stéphanie
Est-ce qu'il y a d'autres questions ? Si vous avez des questions à distance également, peut-être qu'on peut vous rappeler en régie comment ça fonctionne pour poser vos questions à distance ?
Operator
Oui, tout à fait. Si vous souhaitez poser une question à distance, veuillez appuyer sur étoile 1 sur le clavier de votre appareil.
Et veuillez vous assurer que votre micro ne soit pas en mode silencieux au moment de poser votre question. De nouveau, étoile 1 pour poser une question à distance.
Stéphanie
Et en attendant, bien sûr, s'il y a des questions dans la salle, on les prend tout de suite. Oui, alors François Boppe, Bloomberg ?
François Boppe
Oui, bonjour. François Boppe chez Bloomberg.
Une question sur l'environnement politique en France et sur la façon dont ça affecte ou pas le développement de vos différentes activités. Finalement, on voit que ça continue à se développer malgré ces incertitudes.
Donc est-ce que en ces années électorales locales et pré-électorales pour l'année prochaine vous voyez un impact possible ? Merci.
Pierre
Pour répondre à votre question, le début de votre question, je pense qu'il fait allusion à l'environnement politique national. Et vous avez ouvert la voie à l'élément principal de ma réponse, c'est-à-dire que vous avez parlé d'environnement local.
Or, conséquence naturelle de la répartition de nos activités avec de très nombreux contrats sur des clients récurrents qui sont essentiellement locaux, dans le monde public notre premier bloc de clientèle, ce sont les collectivités locales, au premier rang desquelles le bloc communal. Donc et de ce point de vue-là, toutes les infrastructures qui sont réalisées au niveau local sont décidées localement indépendamment de ce qui peut se passer avec plus ou moins de turbulences au niveau national.
A fortiori dans une année 2025 qui était l'année qui précède les élections municipales de 2026, on l'a vu. Ce qu'on peut constater aussi, c'est que toutes ces infrastructures vitales, quand on prend la sélection des six mégatendances que j'ai exposées, ce sont des sujets très largement transpartisans.
Donc il y a du bon sens, il y a de la volonté pour faire, il y a du débat local autour de ces infrastructures à réaliser, dont la plupart sont beaucoup à régénérer, à rénover, à réhabiliter. Et donc voilà, quand il s'agit de construire une ligne de métro, un hôpital, une ligne électrique quand il y en a besoin, un champ photovoltaïque, en général il y a une adhésion qui est très très transpartisane parce que encore une fois ces infrastructures sont vitales.
Donc nous sommes assez peu exposés aux turbulences politiques nationales. À la limite en France, le seul sujet, mais Nicolas en a parlé et la question de César Armand, c'est le sujet autoroutier, et on voit que là aussi le débat est en train de se projeter, et c'est très bien, à moyen terme, à 10 ans ou plus, avec une reconnaissance partagée de l'intérêt du mode concessif, une reconnaissance partagée de tous les besoins sur toutes les infrastructures de transport, qu'elles soient autoroutières, routes nationales, réseau ferré, et là encore ce sont des besoins de financement essentiellement sur des projets d'entretien, de régénération, d'adaptation au changement climatique.
Et on voit là aussi qu'il y a un consensus assez partisan, et c'est assez remarquable qu'on ait ce projet de loi sur les transports qui projette quand même le pays à plus de 10 ans, à un moment où on ne peut pas vraiment parler de stabilité gouvernementale ou de stabilité parlementaire. Donc la preuve en est que sur ces sujets d'infrastructures structurantes, d'infrastructures vitales, et ça c'est l'essence même du métier de VINCI, il y a des besoins qui sont reconnus comme essentiels, qui sont reconnus comme stratégiques, et les sujets progressent et ça c'est une très bonne nouvelle.
Christian Labeyrie
Ça se traduit dans les chiffres du groupe puisque les activités qui sont les plus dépendantes de la commande publique, c'est notamment chez VINCI Construction, notamment la partie routière, et il se trouve que tant les prises de commandes que le carnet de VINCI Construction dans la route en France est même en léger progrès d'une année sur l'autre. Donc ça montre la résistance du système aux aléas politiques locaux.
C'est même vrai dans le bâtiment, c'est vrai aussi chez VINCI Energies. Donc on a un groupe VINCI qui est quand même un peu waterproof à ce genre d'événements, qui de toutes les façons nous amènerait à prendre les mesures d'adaptation comme on l'a déjà fait dans le passé chaque fois qu'il y a un cycle électoral.
Ça s'est produit tous les six ans, donc c'est pas vraiment une nouveauté.
Stéphanie
Alors, on a une question encore en salle. Si vous voulez bien vous présenter.
Étienne Gless
Étienne Gless de BatiActu. Revenir, désolé, franco-français, même si je sais que c'est pas là où vous avez le plus d'activités en ce moment, en termes de dynamique, sur le marché immobilier, est-ce que les mesures qui ont été annoncées dans le plan de relance du logement sont de nature à inverser les vents contraires que vos équipes affrontent depuis déjà pas mal d'années dans la promotion immobilière ?
Pierre
Virginie Leroy va vous répondre. Ce que je voudrais quand même souligner pour être bien compris, c'est-à-dire que la France reste notre premier pays et de loin.
D'accord. Et notre croissance en France reste positive.
Je veux dire, on a cru de 2% en France. Donc on est bien en France, mais on croît plus vite à l'international.
Donc faut pas que ça se transforme, nous ne sommes plus en France. Après, sur l'immobilier, c'est Virginie qui va vous répondre.
Virginie Leroy
Oui, sur l'immobilier, ce qu'il faut souligner, c'est que le plan relance logement qui vient d'être annoncé, il montre déjà qu'il y a un consensus politique sur l'importance de la crise d'une part et sur les leviers qui vont permettre de lutter contre cette crise. Ces leviers, ils sont de trois types dans le plan de relance logement : ils sont sur le dispositif Jeanbrun de statut du bailleur privé, ils sont sur le maintien quelque part de la dynamique d'investissement des bailleurs sociaux, et ils sont sur la nécessité de la poursuite des efforts de simplification et d'accélération de l'acte de construire.
Donc il y a une prise de conscience et un consensus sur la nécessité d'agir sur ces trois leviers. Pour revenir à votre question, je suppose en sous-jacent, sur est-ce que le statut du bailleur privé permet de faire revenir les investisseurs privés sur le logement, nous on a le sentiment que effectivement il redonne ses lettres de noblesse à l'investissement locatif et que il est de nature à permettre un retour des investisseurs après la disparition du Pinel.
Donc c'est favorable au secteur immobilier. Après, le secteur immobilier, c'est un secteur qui est exposé au temps long, donc ça se répercutera dans les chiffres progressivement en termes de retour à une dynamique positive.
Pierre
Le vrai sujet, c'est pas le soutien de la filière. C'est pas le soutien de la promotion immobilière ou de la construction.
Le sujet, c'est un sujet social. Il y a pénurie de logements et je pense que nous le savons tous, il suffit de regarder un petit peu dans nos entourages personnels, nous connaissons tous des situations où des plus jeunes ou des moins jeunes ont énormément de mal à se loger.
Le vrai sujet, il est là. C'est pas un sujet catégoriel.
Et on se félicite que enfin il y ait une prise de parole très favorable en faveur du logement. Il y a déjà eu un premier acte avec ce statut du bailleur privé, qui n'est pas idéal parce que il écorne un petit peu le projet qui pourtant avait fait consensus par tous les parlementaires et toute la profession.
On va être positif, on va regarder le verre d'eau à moitié plein. Continuons à remplir l'autre moitié.
Voilà. Le Premier ministre l'a indiqué, prenons-le au mot.
Et il y a tout un tas de mesures qui peuvent débloquer ce secteur d'abord pour des enjeux sociaux.
Stéphanie
Est-ce qu'il y a encore des questions dans la salle ? Sinon, en régie, est-ce qu'on pourrait ouvrir le micro de Christophe Palierse des Échos, qui me demande comment on fait pour poser une question à distance, donc visiblement ça ne fonctionne pas chez lui ?
Est-ce que c'est possible en régie, s'il vous plaît ?
Operator
Tout à fait. Un instant, s'il vous plaît.
Pierre
Si ça marche pas, tu peux peut-être...
Operator
Christophe Palierse, la ligne est à vous.
Christophe Palierse
Oui, bonjour, vous m'entendez ?
Stéphanie
Très bien, Christophe. Bienvenue.
Christophe Palierse
Merci. Bonjour à tous.
En fait, j'ai deux questions. La première, je pense que ça peut être très rapide.
J'ai pas compris là pour l'augmentation du résultat, vous avez parlé de fiscalité constante. Alors est-ce que ça inclut le fait que il y a quand même encore une surcharge exceptionnelle sur les grandes entreprises, dont VINCI ?
Et ma deuxième question, c'est par rapport au plan de travaux sur Cofiroute, j'ai pas compris si c'était une compensation ou pas à la surtaxation des concessions autoroutières décidée il y a un peu plus d'un an maintenant. Parce que si c'est une compensation, il y a plus besoin de recours quelque part.
Pierre
Sur Cofiroute, Nicolas va vous répondre. Sur la guidance, dans un environnement mouvant puisque l'approbation du budget vient de se faire et d'un point de vue formel elle est pas complètement achevée puisque à ma connaissance la loi n'est toujours pas promulguée, effectivement notre hypothèse c'est d'être toutes choses égales par ailleurs, c'est-à-dire en imaginant un taux d'IS 2026 qui soit comparable à celui de 2025, donc qui incorporerait une surtaxe d'IS similaire, du même ordre de grandeur que celle de 2025.
C'est ça l'hypothèse. Je pense que dans quelques semaines on pourra sortir de la façon dont on le raconte avec un petit peu de précaution puisque on sera définitivement fixés.
C'est clair ?
Christophe Palierse
C'est clair.
Pierre
Voilà. Sur Cofiroute, Nicolas.
Nicolas
Concernant les taxes, il y a eu un seul jugement définitif en mai 2025, qui concerne la hausse, c'était avant la TEILD, de la taxe d'aménagement du territoire, pour lequel en appel, la cour administrative d'appel a considéré que Cofiroute devait être compensée intégralement de la hausse de la taxe d'aménagement du territoire. L'État ne s'est pas pourvu en cassation, donc Cofiroute a droit à la compensation de la hausse de la taxe d'aménagement du territoire de ces dernières années, je ne sais plus ça fait 4-5 ans je crois, et pour l'avenir.
Et donc dans la loi tarifaire de Cofiroute, dans le contrat de plan, à côté encore une fois c'est l'essentiel du programme d'investissement, il y a une compensation de cette hausse de la taxe d'aménagement du territoire. L'autre taxe mentionnée, ça n'a pas été jugé définitivement, notamment au niveau communautaire.
Voilà, donc c'est pas liée à la TEILD, c'est lié à ce qui précédait, c'est-à-dire la hausse de la taxe d'aménagement du territoire d'il y a quelques années chez Cofiroute.
Christophe Palierse
Et globalement, quel est le montant qui a été compensé ?
Nicolas
Alors c'est pas un montant puisque c'est une hausse de taxe d'avant, ça c'est le passé, qui a été rattrapée par une mini hausse tarifaire rattrapant le passé, et après c'est un facteur tarifaire pour l'avenir qui intègre essentiellement des investissements, donc il y a pas de dissociation dans le contrat de plan Cofiroute entre ce qui relève des investissements et ce qui relève de la taxation. D'accord ?
Mais le contrat
Christophe Palierse
Non, porte sur deux sujets que vous avez liés, si je comprends bien.
Nicolas
Le contrat de plan porte sur la hausse de la taxe d'aménagement du territoire passée et future et sur des investissements additionnels non prévus, comme ce qu'on appelait auparavant les contrats de plan, et la somme des deux est intégrée dans la loi tarifaire.
Christophe Palierse
Merci.
Stéphanie
Et ben écoutez, s'il n'y a plus de questions, on vous remercie, on vous donne rendez-vous à notre assemblée générale le 14 avril à la salle Pleyel.
Pierre
Merci à tous.
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